HANATSUmiroir L'humus et la comète

Commande d'oeuvres 04.03.2021

L’ensemble créé à Strasbourg en 2010 par Ayako Okubo et Olivier Maurel développe une certaine conception du spectacle de musique contemporaine, associant à la création musicale, la scénographie, la vidéo, la danse, les arts plastiques, la création lumière, le théâtre ou encore la poésie. Depuis, HANATSUmiroir est à l’initiative de nombreuses commandes d’oeuvres dans un souci d’expérimenter de nouveaux formats de représentation et d’écoute de la musique.

Qu’est ce que la musique contemporaine? Que sont les musiques expérimentales ? Comment nommer clairement les écritures singulières, sans créer les frontières qui les opposent artificiellement? Musiques savantes, académiques ? Musiques expérimentales, ouvertes?

Les questions qu’énoncent Ayako Okubo et Olivier Maurel ne pouvaient que croiser celles qui nous animent dans Hémisphère son: ré-interroger les écritures musicales (à la table, au plateau, improvisée …) autant que les formats de représentations de la musique (en salle, au dehors, collective, interactive, virtuelle …).

Toutes pistes qu’ils vont explorer dans un cycle de créations au printemps 2023 avec la compositrice Elsa Biston et le compositeur Samir Amarouch.

« La perception sonore est une perception d’engagement mutuel. Elle est le pont viscéral entre nous et les autres, et notre connexion contiguë à notre environnement. » *

Attentifs, ensemble, avec Elsa Biston (45′)
Il s’agit d’une tentative de repolitisation de l’écoute, de prise de conscience que l’écoute active et partagée peut être une force  collective. Il s’agit de se défaire de l’œuvre musicale comprise comme un tout, une chose en soi avec un début et une fin, qui se donnerait à entendre en public, ou chez soi, détachée des corps qui l’ont produite.
En effet comment ressentir le concert comme un lieu inclusif et accueillant, où nous «musiquons» ensemble selon la belle expression de Christopher Small ? Un espace où l’écoute partagée est créatrice de liens, de relations – relations entre les musiciens,  entre les musiciens et les auditeurs, entre les musiciens et le son.
Je voudrais tisser une musique qui se préoccupe avant tout des relations en jeu lors du concert, de ce qui se passe au moment de l’écoute.” dit-elle, là où il n’y aurait pas de concept ni de musique détachés des corps et des situations.  

Plusieurs pistes seront envisagées, successives ou coïncidentes, qui mettront toutes en jeu et en action l’écoute des spectateurs, et des musiciens :
* transmettre de manière orale : l’oralité permet le flou, l’échange, la réadaptation permanente, la renégociation des places entre compositrice et musiciens.
* créer pour les auditeurs des « partitions d’écoute : une méditation guidée, projetée sur un écran ou parlée -et ainsi créer un parcours collectif d’écoute.
* proposer aux spectateurs de manifester leur écoute par quelques sons –  frottements de vêtements, cailloux frappés, etc.sur la base de consignes simples, permettant un partage de son écoute de manière collective, et une synchronisation.
* composer avec les objets vibrants et les instruments: le son d’un instrument est diffusé dans un autre, qui provoque quelque chose dans un autre objet etc.
*  mettre en scène: retranscrire une répétition d’une pièce idiomatique, puis demander au musicien par exemple de jouer la répétition de la répétition, etc.jusqu’à une déconstruction totale. 
Une oeuvre pour flûtes, percussions, violoncelle et dispositif électronique composée et interprétée par Elsa Biston, HANATSUmiroir et Stéphane Clor.

Une pièce de Samir Amarouch (12‘)
C’est un duo d’instruments primitifs par excellence, tant les flûtes et les percussions sont présentes dans la majorité des cultures humaines. De l’imitation des chants d’oiseaux par les chasseurs du néolithique aux mélodies microtonales des flûtes d’Indonésie, le pouvoir d’évocation de la flûte semble être une piste à réactualiser et à mettre en regard avec notre environnement sonore.
Quels nouveaux oiseaux devrions-nous chasser?
Les notifications omniprésentes des téléphonies mobiles?
Les « bip » validant les contrôles chaque jour plus présent?
Les drones de livraisons ou de combat?
Élaborer une œuvre pour flûte et percussion s’ancre dans nos aspirations présentes : non pas un retour vers une forme de primitivisme, mais l’affirmation d’un avenir radieux où la notion de progrès ne se réalise pas dans la technologie.
Une pièce écrite pour Ayako Okubo et Olivier Maurel.

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Travailler à planter des graines, à enrichir le terreau que forment les idées parcourues lors des précédentes créations. Puis laisser les lianes se tendre et projeter les comètes qui poétisent notre espace commun, imprimant de leurs comas et de leurs queues nos imaginaires partagés”.
HANATSUmiroir

*Michael Stocker (« Hear where we are » ) 

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