Ensemble Op.Cit BOUGÉ.TREMBLÉ

Commande d'oeuvres 11.10.2021

BOUGE.TREMBLÉ est une rencontre orchestrée par Guillaume Bourgogne entre les univers d’Eve Risser et de Guilhem Meier avec le désir de collaborer enfin avec ces deux artistes hors du commun. Risser et Meier sont tous deux des compositeurs et instrumentistes au profil atypique. Évoluant dans des esthétiques inclassables et hybrides, fruits d’une culture musicale très étendue, leurs recherches passent souvent par la « préparation » de leurs  propres instruments, qui deviennent dès lors de véritables extensions du domaine sonore. Fins connaisseurs de la musique classique contemporaine, l’une et l’autre ont une écriture musicale riche, complexe, qui s’intéresse particulièrement au timbre et à l’espace.

BOUGÉ.TREMBLÉ est une oeuvre-dialogue où les artistes sont aussi partie prenante comme performeurs et jouent ensemble pour la première fois.

La pièce d’Eve Risser, création pour piano droit préparé et 8 instruments, est une co-commande entre le Grame, Centre National de Création Musicale de Lyon et Hémisphère son.
La pièce de Guilhem Meier, création pour batterie préparée et 8 instruments a reçu l’Aide à l’écriture du Ministère de la Culture.
La pièce sera créée à la B!ME – Biennale des musiques exploratoires – organisée par le Grame à Lyon le 21 mars 2022 (La Sucrière)

Je pars toujours de mon solo de piano pour écrire lorsque j’écris pour une grande formation. En effet, «Des pas sur la neige» m’ont inspiré des timbres, des hauteurs et des intensités, ce qui a donné naissance au White Desert Orchestra. Ensuite, dans mon dernier solo « après un rêve », j’ai redonné de la place au rythme et à la pulsation, que j’avais davantage laissés de côté lors de mes «méditations timbrales» en solo. Cela donna naissance au Red Desert Orchestra, qui puise son inspiration dans la musique d’Afrique de l’ouest, avec les musiciennes de Nainy Diabate (Mali) ou Les sœurs Hié et Oumarou Bambara (France/Burkina). 
Pour passer du piano à l’ensemble, je fabrique des matériaux singuliers qui se corrèlent tous ensemble et se présentent sous forme d’un puzzle qui donne lieu à des arrangements collectifs possibles. L’univers de la rêverie et des émotions reste le terrain de jeu dans lequel je puise toute intention musicale. Puis c’est lors de rencontres avec les musicien·ne·s en amont que l’écriture se précise. Je procède en effet toujours in situ lorsque j’écris pour des groupes qui ne sont pas les miens.” Eve Risser

Pour Guilhem Meier : “Ce projet d’écriture entend mêler mon solo LFant à l’ensemble Op.Cit. Je compte exploiter les éléments fondamentaux de mon solo (improvisation, électrisation, chant libre) pour la construction de la pièce, ce qui nécessite un dispositif de micros et d’amplification pour certains instruments acoustiques, l’utilisation de la voix pour certains musiciens, ainsi qu’une part d’improvisation. Un jeu de spatialisation entre le son acoustique et l’amplification pourra être développé. Ma pièce traitera de la quête impossible de liberté dans le cadre d’une institution, en m’inspirant de cas historiques où gouvernements ou dirigeants ont été renversés par le peuple. Je m’attacherai à ce mécanisme du besoin de fédérer, puis de dominer, ainsi qu’au point de rupture de cette  domination où le besoin de liberté reprend le dessus, avant de refaire place à un nouveau besoin de fédérer, répétant ainsi le même schéma. Les lectures de Noam Chomsky, Ryszard Kapuscinski et Tchouang-tseu nourrissent ces pensées. Je m’inspirerais de chants révolutionnaires, de chants populaires fédérateurs qui peuvent avoir le visage de la liberté comme celui de l’endoctrinement. Le son électrifié contiendra cette force expressive de distorsion mentale que l’endoctrinement crée, mais pourra paradoxalement aussi représenter les processus de libération de l’individu, et les mécanismes d’engendrement de la création par la destruction. L’improvisation contiendra elle aussi ce paradoxe d’être à la fois l’élément de liberté mais aussi celui qui va suivre les rails d’une l’écriture-dictature qui impose son cadre. Issue d’une culture musicale à la fois rock, classique, contemporain, ou jazz, mon écriture s’axe sur une musique de groupe, visant à former une entité  singulière. Nourri autant par Ligeti que par Nirvana, mon langage musical navigue aussi bien dans  les combinaisons ciselées des timbres que dans la sauvagerie d’un rythme primaire.”  

L’Op.Cit avec : Pierre Horksman, clarinettes – Clélia Bobichon, clarinettes – Jean-Philippe Cochenet, cor – Eric Le Chartier, trombone – Gaël Rassaert, violon – Nicolas Cerveau, violoncelle – Brice Berred, Contrebasse – Guilhem Meier, batterie – Eve Risser, piano droit – Guillaume Bourgogne, direction. 

Guilhem Meier 
Est un compositeur, batteur,  guitariste, chanteur dans le domaine des  musiques contemporaines, improvisées, rock  inclassable, jazz hybride. Son activité musicale débute en 1994 et naît de sa fascination pour la scène grunge  (Nirvana, Sonic Youth).  
Puis, il découvre Stravinsky, John Coltrane,  Gyorgy Ligeti, J.S. Bach, Radiohead, la  musique indienne, arabe, africaine… ce qui  décuple sa passion et le détermine à se vouer  à la musique contemporaine, le rock et la  musique improvisée.  
Depuis, il mène diverses activités qui le conduisent à jouer un peu partout dans le  monde (Europe, USA, Japon, Malaisie, Éthio pie…), et à écrire à la fois pour les groupes dans lesquels il joue, ainsi que pour d’autres ensembles.  

Guillaume Bourgogne
Chef d’orchestre et directeur artistique et musical
Il est le fondateur et directeur artistique de l’ensemble Op.Cit , dont la ligne artistique atypique fait dialoguer musique composée et improvisation.
Aujourd’hui professeur à l’Université McGill (Montréal – Canada) et directeur artistique de l’Ensemble de musique contemporaine de McGill, il est directeur musical de l’ensemble Cairn (Paris) aux côtés du compositeur Jérôme Combier et avec lequel il grave des disques récompensés par la critique : Pays de vent (Motus) et Vies silencieuses (æon) de Jérôme Combier, Lieu & Non-Lieux de Thierry Blondeau (æon) et Furia de Raphaël Cendo (æon).
Il a été chef principal de la Camerata Aberta (Sao Paulo – Brésil) de 2010 à 2014. Il a dirigé de nombreux ensembles et orchestres en France et à l’étranger. Le disque Water mirror, reçoit le prix Bravo ! du meilleur disque de musique classique en 2012.

Ensemble Op.Cit
Op.Cit, Orchestre pour la Cité, est un ensemble protéiforme qui s’aventure sur les terrains fertiles à la croisée du répertoire de tradition classique et des musiques improvisées. Chaque collaboration est une nouvelle quête d’inouï et d’émotions.
Ses musiciens se regroupent autour de deux centres de gravité : le quatuor à cordes, et un trio formé par le piano, la contrebasse et la batterie. La démarche de l’Ensemble, initiée par son chef et directeur artistique Guillaume Bourgogne, s’inscrit dans une écoute du monde contemporain et de ses différents modes d’expression artistique. Il s’entoure pour ses créations de solistes issus aussi bien du classique que du jazz, des musiques électroniques ou des musiques traditionnelles, ainsi que d’artistes venus de la danse, du théâtre, des arts plastiques et numériques.

Film réalisé par Yoann COTRON
Photo Guillaume Bourgogne © Lou Scamble

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